Mr Gwyn

Alessandro Baricco

Gallimard

  • 11 juin 2016

    Même si la partie sur les portraits écrits m'a paru assez fumeuse, j'ai beaucoup aimé lorsque l'histoire se recentre sur Rebecca. Même si quelque chose a dû m'échapper, il se dégage de ce livre un charme et une poésie qui laissent rêveur.


  • 10 décembre 2014

    écrivain

    Je retrouve la plume de l'auteur de Soie, que j'avais quelque peu délaissée ces dernières années.

    Roman plus long, celui-ci s'interroge sur le processus de la création littéraire.

    Si j'ai beaucoup aimé la préparation de l'atelier (choix du décor, de la musique, du mode opératoire), j'ai en revanche été déçue par la fin du roman, bien plate à mon goût.

    Le personnage Jasper Gwyn était arrivé à une telle maîtrise de son art, pourtant.

    Je me suis donc laissée porter par la narration et l'histoire, toute en pudeur, qui m'ont fait passer une après-midi enchantée.

    L'image que je retiendrai :

    Celle de l'ambiance du lieu dans lequel l'auteur Jasper Gwyn écrit ses portraits : décor, son, tout y est.

    http://motamots.canalblog.com/archives/2014/12/06/30489996.html


  • par (Fontaine Kléber)
    25 août 2014

    Jasper Gwynn, romancier anglo-saxon déjà plutôt connu publie dans un journal un article dans lequel il annonce qu'il n'en écrira plus. Il s'embarque peu après dans la réalisation de portraits écrits de personnes volontaires. La condition étant pour eux de payer et de rester nus et qu'éventuellement l'affaire prenne du temps. L'artiste reste à observer, en théorie sans s'impliquer. Cette expérience l'entraînera plus loin que prévu et ne sera pas sans incidence sur l'existence de Rebecca, la jeune femme qu'il embauche pour l'assister après l'avoir sélectionnée comme élément d'essai.

    Que penser de l'ouvrage ? Pour des raisons personnelles et d'avoir été moi aussi manipulée un jour par un romancier séducteur qui à l'instar de mister Gwyn n'arrivait plus à écrire, j'ai eu du mal avec le début ; un piège similaire se mettait en place pour la jeune femme.

    Mais l'écriture est élégante comme toujours chez Alessandro Baricco, que ce soit en V.O. ou dans cette traduction de Lise Caillat, la narration délicatement menée, les notations psychologiques fines. Le roman n'est donc pas sans charme pour qui apprécie les livres "où il ne se passe (presque) rien".

    Passé la moitié des pages, le personnage de Rebecca prend de l'ampleur et de l'épaisseur, et accorde au lecteur le plaisir de lire et en tout cas de l'intérêt. Par exemple dans la façon qu'elle a plus tard de comprendre à retardement certaines choses qu'elle a traversées sans avoir assez d'éléments sur le moment pour en percevoir toute la portée.

    Au bout du compte même un brin bancal ou laissant une légère impression d'inachevé, c'est un livre qu'on peut apprécier.

    extraits :

    "Il aimait particulièrement écrire quand il était à la laverie, au milieu des tambours qui tournaient, au rythme des magazines feuilletés distraitement sur les jambes croisées des femmes qui ne semblaient cultiver d'autres illusions que la finesse de leurs chevilles." (p21)

    "Le vieil homme eut peut-être les larmes aux yeux, mais on ne pouvait l'affirmer parce que les yeux des vieux pleurent toujours un peu". (p 179)

    "Elle adopta donc durant plusieurs jours la seule attitude qui lui parut appropriée - l'attente. [...] Puis un matin, on lui livra au bureau un gros paquet, accompagné d'une lettre et d'un livre. Dans le paquet il y avait tous les portraits, chacun dans sa chemise. Dans la lettre, Jasper Gwyn précisait que c'était les copies qu'il avait faites pour lui [...] Il ajoutait une minutieuse liste de choses à faire. [...]


  • par (Librairie Quai des Mots)
    30 juillet 2014

    Conseil de Rachèle

    Jasper Gwyn, auteur respecté par ses pairs, par la critique, par ses lecteurs, annonce au grand désespoir de son agent littéraire que plus jamais il n'écrira de romans... Qu'est ce qu'un écrivain ? Qu'est ce qu'un artiste ? Son rapport à soi, son rapport au monde, à travers l'écriture toujours sublime d'Alessandro Baricco.


  • par (Librairie Le Neuf)
    12 juillet 2014

    Coup de coeur de Céline

    Jasper Gwyn, écrivain de renom publie un article dans The Guardian, dans lequel il déclare que plus jamais il n’écrira. Si son lectorat est sous le choc, son ami et éditeur, lui, est sidéré !

    Mr Gwyn, désormais libre de son temps et quelque peu désœuvré, arpente les rues de Londres. C’est lors d’une de ses pérégrinations, dans une galerie d’art où expose un portraitiste qu’il aura une révélation. Il sera « copiste », sorte de portraitiste littéraire….

    Un roman puissant, original et troublant illuminé par des personnages comme seul Alessandro Baricco en a le secret !


  • par (Le Bateau Livre)
    12 juillet 2014

    Coup de coeur littérature étrangère

    Nouvel opus, nouvelle musique.
    Entre rêve et réalité, un roman léger, cristallin et élégant.
    Mr Gwyn est copiste ? portraitiste ? Allez savoir…
    Alessandro Baricco nous entraîne au coeur de l’écriture, du mystère de l’existence, de la destinée de l’écrivain. Pour notre plus grand plaisir, ce livre nous laisse des images gravées dans la mémoire.


  • par (Librairie Le Neuf)
    9 juillet 2014

    Coup de coeur de Céline

    Jasper Gwyn, écrivain de renom publie un article dans The Guardian, dans lequel il déclare que plus jamais il n’écrira. Si son lectorat est sous le choc, son ami et éditeur, lui, est sidéré !
    Mr Gwyn, désormais libre de son temps et quelque peu désœuvré, arpente les rues de Londres. C’est lors d’une de ses pérégrinations, dans une galerie d’art où expose un portraitiste qu’il aura une révélation. Il sera « copiste », sorte de portraitiste littéraire….
    Un roman puissant, original et troublant illuminé par des personnages comme seul Alessandro Baricco en a le secret !


  • par (Librairie Nouvelle)
    9 mai 2014

    Que peut faire l'art ? C'est cette question que l'attachant Jasper Gwyn, cet écrivain établi qui a soudainement décidé de ne plus rien publier, va explorer en savant fou.
    Pour ce faire, le voilà qui réinvente le métier de "copiste" : il s'agit d'extraire, via un procédé saugrenu, la substantifique moelle d'une personne pour la peindre avec des mots.
    Débordant de fantaisie et de poésie, assurément, le Baricco des "Chateaux de la colère" ou d'"Océan mer" est de retour !
    Hugo.


  • 9 mai 2014

    Dans le journal The Guardian, Jasper Gwyn publie un article où il mentionne une liste de points qu'il ne fera plus et écrire un roman en fait partie. Devenu écrivain assez tard avec trois romans à son actif, il est déterminé même si son agent et ami Tom ne le croit pas. Arrêter d'écrire est une chose mais Mr Gwyn ne peut s'empêcher de tricoter mentalement des scènes, des dialogues. Alors qu'il prend une année sabbatique, deux tableaux présentés dans une galerie lui font prendre conscience de ce qu'il veut. Écrire des portraits non pas en peignant mais en écrivant. Des portraits destinés uniquement aux modèles qui poseront nus où il percera leur identité, où il mettra des mots sur ce qu'ils sont. "Pour ces personnes, il serait un copiste" contre une somme d'argent.

    Soucieux du détail et de la perfection, Mr Gwyn choisit un ancien entrepôt où une bande sonore sera diffusée en permanence "elle commençait avec ce qui ressemblait à un bruit de feuilles, puis continuait son évolution imperceptible, en rencontrant comme par accident sur son passage tous types de sons", éclairé par trente-deux ampoules réalisées à la main qui diffusent une lumière enfantine. Des ampoules qui s'éteindront au fur et à mesure au bout de trente-deux jours. L'endroit est peu meublé, il faut que les personnes se retrouvent avec elles-mêmes. Écrire ce qui les ramène " à la maison" et percevoir l'indicible intime.
    Son premier modèle Rebecca l'aide à peaufiner son travail et le processus qui l'entoure. Et cette relation basée sur les silences, les non-dits et les confidences, la compréhension amènera naturellement Rebecca à devenir son assistante et à choisir pour lui les modèles. Mais il y aura le modèle qui sera une erreur et Mr Gwyn disparaitra.

    Ce magnifique roman explore à travers Mr Gwyn ce que nous sommes en tant que personne non pas individuelle mais par rapport au monde, l'image que nous avons de nous-mêmes et le travail de l'écrivain qui en nous décryptant et en nous copiant nous fait vivre à travers des mots sur le papier. Alors oui, j'ai pris mon temps pour savourer ce livre. L’écriture d'Alessandro Baricco distille un rythme sur lequel inconsciemment ou non, on cale sa lecture et sa respiration. On s'imprègne de chaque phrase, de l'ambiance et la symbiose se produit.

    Un livre par lequel on touche du bout des doigts l'essence même de l'écriture et sa quête universelle. C'est simplement brillant. Une lecture qui m'a remplie les yeux des poissons d'eau par sa beauté et par ses miroirs sur l'identité.