Canada

Canada

Richard Ford

Points

  • 16 février 2016

    Etats-Unis, Prix Femina

    C’est bien parce que ce roman fait l’objet d’un Prix et a reçu de très bonnes critiques que je me suis accrochée. Parce que ça partait mal : des redites, beaucoup, un rythme à faire s’endormir un insomniaque, un personnage principal qui ne comprend rien à ce qu’on lui dit et à ce qu’il se passe autour de lui, tout pour me plaire.

    Le récit à commencé à m’intéresser dans sa seconde partie, au Canada. Des hommes rudes, un mystère qui plane, et le personnage d’Arthur insaisissable. Seuls quelques indices nous permettent de l’entrevoir, si peu.

    J’ai, à ce propos, trouvé l’auteur meilleur dans ses réflexions sur la vie dans cette seconde partie. Il nous démontre ainsi que notre vie telle que nous la vivons n’est faite que de petits instants sans rapports les uns aux autres, s’enchaînant tout simplement dans le temps. L’absence de temps est d’ailleurs l’une des constantes de la vie du personnage au Canada.

    Malgré son Prix Femina en 2013, je ne suis pas certaine qu’il me restera grand chose de ce texte d’ici quelques semaines.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de Dell enterrant les deux américains sous l’oeil d’Arthur, ce qui scellera son abandon par celui-ci.

    Quelques citations :

    « Le prélude aux drames est parfois dérisoire. Charley l’avait dit, mais il pouvait aussi être seulement banal, sans rien de saillant. » (p.412)

    « (…) moi étant la constante, le raccord, le coeur de cette logique. Avant de me dire que je bricole, que je bidouille pour inventer une logique, réfléchissez combien le mal est proche de pratiques ordinaires qui n’ont rien de commun avec lui. » (p.440)

    http://alexmotamots.wordpress.com/2016/02/10/canada-richard-ford


  • 14 octobre 2015

    Haut les mains! Le hold up littéraire de Richard Ford

    " D'abord, je vais vous raconter le hold up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard. " Richard Ford démarre fort, et poursuit au même rythme. Avec " Canada ", il signe non seulement un roman d'aventures, mais aussi un récit intimiste, ce qui peut paraître incompatible. Il manie pourtant les deux registres avec maestria.

    Dell (le garçon) et Berner (la fille), deux jumeaux de 15 ans, se chicanent comme tous les enfants, mais ils aiment bien leur vie à Great Falls, cette petite ville du Montana. Leurs parents sont assez imprévisibles (ils n'imaginent pas encore à quel point), mais gentils, attentifs. Bref, le quotidien s'écoule sans remous dans la famille Parsons. Jusqu'au jour où une idée folle traverse la tête du père, et finit même par s'y installer. Pourquoi ne pas régler ses problèmes d'argent en tentant un hold up? Comme c'est simple! Il convainc sa femme de jouer les complices (elle se contentera de conduire la voiture), et voici nos Bonnie and Clyde de pacotille partis à l'attaque d'une banque du Dakota. Mal préparés, naïfs, ils se feront repérer, arrêter et emprisonner. Cette aventure ne constitue que le préambule de l'histoire que nous raconte un Richard Ford au sommet de son talent, et la suite monte crescendo: l'existence de Dell et Berner va bien sûr se trouver complètement bouleversée par l'inconséquence de leurs parents. Et tandis que Berner s'enfuira pour échapper aux services sociaux, Dell, lui, sera conduit par une amie de la famille chez le frère de celle-ci. Là, il découvrira ce que crapule veut vraiment dire.

    Alors que les événements et les rebondissements s'enchaînent, Richard Ford ne néglige pas pour autant la psychologie des personnages, leurs états d'âme, leurs sentiments, leurs tourments. Il excelle dans ce travail d'orfèvre, car on partage avec Dell, cet immense sentiment de solitude qui l'engloutit lorsqu'il se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui, sans savoir ce que ses parents sont devenus, parqué dans un taudis. Il y a aussi de superbes pages sur la relation entre un frère et une sœur qui, même s'ils vivent à des kilomètres l'un de l'autre, se voient liés à jamais non seulement par leur sang, mais par la tragédie. Dans un interview qu'il donnait à la télévision américaine, Richard Ford estimait qu'il s'agissait là de son roman le plus ambitieux. Je crois bien qu'il a raison.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Fontaine Luberon)
    20 juin 2015

    Nous sommes à Great Falls, Montana, en 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents commettent un hold-up, avec le fol espoir de rembourser ainsi un créancier menaçant. Mais le braquage échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite ou le placement dans un orphelinat. Il passe la frontière du Canada et se retrouve dans le Saskatchewan. Dell, adolescent un peu perdu ne souhaite qu’avoir une vie normale et grandir tranquillement. Mais grandir s’avère parfois bien difficile, d’autant qu’on ne choisit pas toujours son moment. Ce chef-d’œuvre en apporte la preuve en nous permettant d’accompagner Dell dans cet apprentissage poignant. D'autant que ce n'est pas seulement le regard de Dell adolescent que nous suivons. Nous avons aussi la vision de Dell devenu adulte qui tente d'analyser sa jeunesse. C'est dans ce face-à-face aussi que tient une grande partie de la force extraordinaire de ce roman qui n'est pas seulement d'apprentissage.


  • par (Fontaine Sèvres)
    28 août 2014

    Un très grand roman

    "D'abord, je vais raconter le hold-up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres qui se sont produits plus tard". Dès la toute première page, Richard Ford annonce les faits qu'il va relater. Le narrateur, un garçon de 15 ans qui doit faire face à l'inconscience de ses parents, va voir son existence basculer. Toute la force du récit tient dans la minutie de l'analyse et la description des faits, de leur conséquences tragiques, et du regard, 50 ans après, que le narrateur porte sur ces évènements. De la très grande littérature.


  • par (Librairie L'Armitière)
    23 août 2014

    Caribou !

    C'est un roman d'apprentissage éblouissant raconté d'une manière si brillante que j'avais l'impression de lire un récit. Pourtant, l'histoire peut à priori sembler improbable. Tout commence avec ce couple d'américains moyens qui, pour payer ses dettes, décide de braquer une banque. Ils finiront en prison et leurs deux enfants, livrés à eux-même, apprendront seuls à se construire. Un roman sur la solitude, sur le passage de l'enfance au monde adulte. Un roman âpre, un roman rugueux mais servi par une très belle écriture et empreint d'une certaine tendresse malgré tout. Certes, c'est assez noir mais les dernières pages laissent présager une fin heureuse... Enfin, j'ai retrouvé ce que j'aime par dessus tout dans la littérature américaine : la description au fil des pages d'une nature omniprésente et grandiose. C'est vraiment très beau ! On s'y croirait !


  • par (Librairie L'Armitière)
    23 août 2014

    Caribou !

    C'est un roman d'apprentissage éblouissant raconté d'une manière si brillante que j'avais l'impression de lire un récit. Pourtant, l'histoire peut à priori sembler improbable. Tout commence avec ce couple d'américains moyens qui, pour payer ses dettes, décide de braquer une banque. Ils finiront en prison et leurs deux enfants, livrés à eux-même, apprendront seuls à se construire. Un roman sur la solitude, sur le passage de l'enfance au monde adulte. Un roman âpre, un roman rugueux mais servi par une très belle écriture et empreint d'une certaine tendresse malgré tout. Certes, c'est assez noir mais les dernières pages laissent présager une fin heureuse... Enfin, j'ai retrouvé ce que j'aime par dessus tout dans la littérature américaine : la description au fil des pages d'une nature omniprésente et grandiose. C'est vraiment très beau ! On s'y croirait !