Venise est lagune

Venise est lagune

Roberto Ferrucci

La Contre Allée

  • par (Libraire)
    4 août 2016

    Venezia è laguna

    Roberto Ferrucci vit à Venise, est né à Venise.
    L’auteur nous parle de l’intrusion des paquebots géants jusqu’au pied du Palais des Doges. Venise est lagune, Venise est fragile, Les monstres des mers causent des dégâts aux pilotis, s’approchent dangereusement des quais, déversent des odeurs nocives de fumée, déplacent des tonnes d’eau et la nuit des milliers de flashs crépitent.
    Et souvent, toutes ces nuisances pour une escale de courte durée qui se limite à la place Saint-Marc, et à quelques ruelles adjacentes.
    Roberto Ferrucci a passé des séjours d’écrivains à Saint-Nazaire, et nous relate avec force détails la visite de l’un de ces gigantesques bateaux,véritables villes flottantes qui peuvent transporter autour du monde des milliers de voyageurs. Les ouvriers qui les ont construits peuvent être fiers à juste titre de leur travail, mais la place des navires est en haute mer, pas devant Saint-Marc !


  • par (Libraire)
    8 juillet 2016

    L'image est impressionnante : un paquebot gigantesque navigue dans la lagune de Venise, si près des quais que les passants peuvent sentir le courant d'air leur hérisser les poils de la nuque, et voir les flashs des appareils photos des passagers qui crépitent. Mais les dégâts causés par ces mastodontes d'acier sont bien plus profonds : pollution de l'air, graves dégradations des quais les plus beaux et les plus fragiles du monde, destruction des fonds marins... Face à ces temples de la consommation, rutilants et d'une opulence criarde, les vénitiens sont sans armes ! Roberto Ferrucci et sa compagne, Teresa, font partie de ces habitants qui vibrent de colère à chaque passage d'un de ces énormes bateaux de croisière, osant témoigner et critiquer les manœuvres de leurs capitaines, se faisant alors railler ou même insulter...
    Dans Venise est lagune, le courant et les marées nous entraînent des chantiers navals de Saint-Nazaire, où sont construits ces paquebots, jusqu'à Venise, destination privilégiée des armateurs qui les exploitent ! Récit révélateur de ce qui ne tourne pas rond dans ce monde, Venise est lagune fait exploser les contrastes et les paradoxes ; la fierté du gigantisme des chantiers navals face aux dégâts des constructions ; la beauté ancestrale d'une ville dont la culture est la richesse face au luxe et à la modernité dans tout ce qu'ils ont de plus tape-à-l'oeil... Aussi profond dans son propos que dans sa langue ou la construction de son texte, on ne peut que saluer le talent et le travail d'un citoyen engagé et brillant !


  • 17 juin 2016

    Venise. Carte postale.
    Ville des lunes de miel et des rêveries.
    Les palais gothiques mâtinés d'Orient.
    Dans notre imaginaire, quelle est la manière dont le nom de Venise va se déposer sur le paysage?
    Qu'est-ce que je vois lorsque j'entends le mot Venise?

    Roberto Ferrucci saisit la toponymie de Saint Nazaire et Venise, pour feuilleter, entendre et saisir un nom de lieu.

    La sérénissime est mise en danger, vingt-huit millions de touristes débarqués par les monstres des mers. D'énormes ressacs pour les palais. La folie des grands passages.Des déplacements d'eau ont l'effet de pompe sur les vases jusqu'à faire trembler la basilique Saint-Marc.

    Depuis la terrasse d'un café, l'auteur appréhende le paysage par l'essence et le mouvement. Sortir de chez soi, de soi et regarder le lieu de cet étrange ballet des paquebots.

    Et le prisme rétrécit peu à peu face aux montres de fer. La carte postale au fil des pages semble grignotée par la machine mange-fric, la macchina del fango.

    Les gueules de proue avalent Venise. Sous la distraction des regards, Roberto Ferrucci crie au loup.

    Le mauvais goût envahit l' Italie peu à peu, gageons que ce pamphlet, puissant regard dans les fumées empoisonnées, permette de ne pas "nous habituer à tout et de nous adapter au pire, de favoriser la laideur et de nous accoutumer à l ' incroyable."
    Venise est lagune di Roberto Ferrucci, aux Editions (précieuses !) La Contre allée.