Le Trèfle noir
Éditeur
Le Temps Éditeur
Date de publication
Nombre de pages
224
Langue
français

Le Trèfle noir

Le Temps Éditeur

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**Extrait**

**Prologue**

À peine l'homme eut-il repris conscience que son corps se mit a hurler de
douleur. Soulagee de voir que le cerveau sortait enfin des nimbes dans
lesquels il etait plonge, chaque partie meurtrie, chaque terminaison nerveuse
mise au supplice, lui envoya aussitot des signaux d'alerte. Reprenant pied
dans la realite, il tenta alors de bouger mais sans succes. Il etait allonge
sur un sol boueux, la tete enserree dans une cagoule. Ses poignets etaient
attaches dans son dos par de solides liens. Sa seule connexion au monde etait
sensorielle. Rapidement le cerveau analysa la situation et presenta son bilan.
Il tenait en trois mots. Froid, humidite, souffrance. Il sonda sa memoire pour
tenter de retrouver le fil des evenements. Ou etait-il ? Comment etait-il
arrive la ? Malgre tous ses efforts, il ne se souvenait de rien. Son esprit
ressemblait a un puits sombre et sans fond dans lequel les questions tombaient
sans que jamais l'echo de leur chute ne lui parvienne. Il fit un nouvel effort
pour se degager en tirant sur ses liens. La chair de ses poignets se dechirait
sur le fil serre de ses liens. Son impuissance lui arracha un cri dans lequel
la douleur le disputait a la rage. L'espace d'un instant, il fut pris de
panique. Que se passait-il ? Pourquoi etait-il attache ? Il se mit a
suffoquer. À chaque breve inspiration le tissu de la cagoule se plaquait
contre sa bouche, obstruant ses voies aeriennes, accentuant plus encore son
effroi. Dans ce cercle vicieux presque sans fin, il jouait a la fois le role
de victime et celui de tortionnaire. Il devait imperativement se calmer,
ralentir les battements de son coeur et sa respiration. C'est alors que sur sa
gauche un bruit attira son attention. Aussitot il cessa de respirer et de
bouger, focalisant toutes ses capacites cognitives sur son ouie.

- Cesse de gesticuler comme ça et garde tes forces. Tu vas en avoir besoin, crois-moi. L'homme tourna alors la tete en direction de la voix.
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