Pratiques du hasard, Pour un matérialisme de la rencontre
Éditeur
Presses universitaires de Perpignan
Date de publication
Collection
Études
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Pratiques du hasard

Pour un matérialisme de la rencontre

Presses universitaires de Perpignan

Études

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Le hasard fait bien les choses, nous dit-on. Mais il peut aussi mal les faire. C'est dire qu'il exerce un rôle non négligeable dans les domaines de l'action éthique et de la praxis esthétique. Selon Épicure et Lucrèce, le hasard serait même à l'origine de toute chose : de rerum il serait en quelque sorte la natura, pour peu que notre monde ait pris forme et consistance au sein d'un gigantesque chaos atomique, sans le concours d'un démiurge ordonnateur et législateur. « Cause fictive de ce qui arrive sans raison apparente ou explicable », aux dires des lexicographes, le hasard ne se laisse désigner qu'en creux. Il se définit par rapport à ce qu'il excède : la finalité rationnelle ou naturelle, d'un côté, le déterminisme des lois de la physique, de l'autre. Mot blanc, signifiant vide, hasard nomme cette part de l'événement qui échappe à la transcendance d'une volonté providentielle comme à l'immanence d'une nécessité matérielle. Il y a bien longtemps que les sciences de la nature – sous les coups de boutoir de l'évolution des espèces, la turbulence des fluides ou la physique quantique – ont abandonné une conception de la causalité oscillant entre la volonté rationnelle (ou inconsciente) et un strict déterminisme mécanique et légal. Voilà pourquoi, à son tour, la critique littéraire et artistique doit se mettre à penser la création esthétique en dehors des catégories de l'intentionnalité spirituelle et de l'inertie matérielle. La matière n'est pas plus inerte (in-ars) que l'auteur n'est tout puissant. La volonté et la nécessité ne recouvrent pas l'intégralité du champ de la création : la part laissée dans l'ombre et que l'on désigne au moyen du vocable hasard en appelle à de plus amples investigations.
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