Marianne K.

Ténèbre

La Peuplade

19,00
par (Les Lisières à Villeneuve d'Ascq)
8 avril 2020

Pierre Claes est un géographe belge. En 1891, il est envoyé au Congo par le roi Leopold II afin de tracer la frontière du pays colonisé. Quittant pour la première fois l’Europe, Pierre découvre l’Afrique, et avec elle le racisme, l’exploitation à outrance, les maladies… À bord du Fleur de Bruges, Pierre remonte le fleuve Congo, accompagné d’esclaves bantous et de Xi Xiao, un bourreau et tatoueur chinois. Roman d’aventure où l’horreur se mêle à la beauté, le désir à la douleur, Ténèbre est aussi un roman historique passionnant d’où ressort toute la barbarie de la colonisation… Un texte original et intriguant !

FRACTURE

Griswold Eliza

Globe

22,00
par (Les Lisières à Villeneuve d'Ascq)
26 mars 2020

"La malédiction des ressources naturelles"

Cette expression s’appuie sur des faits : les populations qui vivent sur les terres les plus riches en ressources naturelles sont généralement les plus pauvres, ceux à qui cela profite le moins... Dans « La Fracture », nous voici en Pennsylvanie, au coeur du pays du « rêve américain » ! Eliza Griswold, journaliste d'investigation, se penche sur l'histoire de Stacey, infirmière, et de ses deux enfants, qui vivent dans une ferme en pleine campagne. Nous sommes à la fin des années 2000 et l'exploitation du gaz de schiste est en train d'exploser. Stacey, comme la plupart de ses voisins, décide de louer sa terre à une entreprise de fracturation hydraulique. Cette méthode implique d'envoyer dans le sol des milliers de litres d'eau pour que le schiste "explose" et libère du gaz. Outre la consommation colossale d'eau, cette façon de faire présente un autre problème : l'utilisation de produits chimiques et la libération d'autres substances, certes naturelles, mais néanmoins très dangereuses... À partir du moment où le site est exploité, Stacey et sa famille constatent une baisse de la qualité de l'eau et de l'air. Harley, le fils aîné, tombe même gravement et inexplicablement malade... Petit à petit, une explication s'impose : il a été empoisonné par des produits chimiques, tout comme sa mère et sa sœur, dans une moindre mesure... La famille est alors loin de se douter que leur combat pour retrouver de l'eau consommable et un espace de vie sain va durer des années ! C'est ce récit que nous raconte la journaliste : un récit qui allie à la perfection précision des faits, vulgarisation scientifique et qualités littéraires. C'est un texte qui met le doigt sur ce qui ne tourne pas rond, non seulement aux USA, mais aussi dans toutes les sociétés capitalistes, où les intérêts des entreprises priment sur les intérêts des citoyens...! Un ouvrage qui met à l’honneur ceux qui osent s’élever contre la toute-puissance industrielle : avocats, médecins, activistes, écologistes, mais aussi « simples » citoyens, comme Stacey et sa famille.

Partiellement nuageux

Antoine CHOPLIN

La Fosse aux ours

par (Les Lisières à Villeneuve d'Ascq)
20 mars 2020

Les fantômes du passé

Au Chili, les blessures de la dictature sont encore vives. Si on peut dire d’Ernesto qu’il s’est remis de la disparition de sa compagne, Paulina, il ne peut néanmoins s'empêcher, lorsqu'il se rend à Santiago, d’aller admirer son portrait au musée bâti en mémoire des « disparus ». C’est là qu’il fait la connaissance d’Ema, qui semble venue, comme lui, se recueillir. Une belle histoire d’amour pourrait voir le jour, mais les secrets et les non-dits de chacun risquent bien de mettre en péril cette relation naissante…

Comme à son habitude, Antoine Choplin nous ravit autant par sa langue innovante et rafraîchissante, que par son intrigue où se mêlent avec pertinence les histoires, la grande et la petite !

Disparaître dans la nature
par (Les Lisières à Villeneuve d'Ascq)
19 mars 2020

Ce qui se remarque au premier abord, c'est que ce livre est un très bel objet ! Une magnifique couverture de Guillaume Guilpart, un soin tout particulier apporté par les éditions Marchialy à la mise en page, à la typo et aux pages de titre !
Deux récits en tête bêche : d'un côté, Evan Ratliff, journaliste, nous raconte une folle expérience, sur le mode gonzo (journalisme en immersion). Son projet ? Disparaître pendant un mois ! Le journal pour lequel il travaille, The Wired, et lui, promettent une récompense de 5000 dollars à la personne qui le retrouvera. Mais comment ne pas laisser de trace à l'heure du numérique ? Comment changer d'identité ? Comment transformer son apparence ? Quelles sont les difficultés, les obstacles ? Evan Ratliff raconte sa fuite, mais aussi la traque lancée par de nombreuses personnes qui s'échangeaient notamment des infos en ligne.
Et de l'autre côté, un article du même journaliste indépendant sur différentes tentatives de "disparition volontaire", notamment celle d'un cadre endetté qui chercha à faire croire à sa mort pour échapper à ses problèmes...
Courts, dynamiques, passionnants, ces deux récits de "non fiction" (parfaitement traduits par Charles Bonnot) se penchent sur une question fascinante : comment réussir à disparaître et changer de vie ?

ESTHER
19,00
par (Les Lisières à Villeneuve d'Ascq)
18 mars 2020

Intelligence (artificelle ?)

Après "Dirty, sexy valley", Olivier Bruneau nous entraîne de nouveau dans un roman qui allie divertissement et intelligence, traque féroce et féminisme ! Esther est une "lovebot", un robot particulièrement abouti créé à des fins sexuelles. Mais peu à peu, le robot s'humanise, l'objet devient femme... Oui, mais son propriétaire ne voit pas vraiment cela d'un bon œil.
Quand Anton et Maxine, un couple dont l'union bat de l'aile, trouvent Esther dans une ruelle pleine de déchets, ils sont loin d'imaginer que la jeune femme est sur le point de les entraîner dans une incroyable épopée !
Mais du créateur ou de la créature, qui est le véritable monstre ??