Boys don't cry

20 romans jeunesse pour dégommer les clichés !

"La liberté, la vraie, se trouve depuis toujours dans les livres. Balayer les clichés ? Cela fait presque un siècle que la littérature de jeunesse œuvre dans ce sens. Pour que les enfants, les adolescents puissent se sentir écoutés et encouragés.
Ces romans ont tous en commun de dynamiter les a priori. Avec génie et poésie, ces coups de cœur racontent le monde tel qu'il est : dans toute sa complexité, dans toute sa diversité. Chacun offre aux enfants, ces futurs adultes, des moments à eux, associant plaisir et réflexion, pour se construire sans contraintes."

- Par Julie Remy,
librairie La Cour des grands (Metz),
présidente du réseau Initiales -

5,80

6 septembre

Tout le monde se fiche de mon entrée en seconde, pourtant j'ai des choses intéressantes à dire : dans ma classe, il y a un type qui ressemble à David Pujadas.

16 septembre

La Belle au bois dormant est sortie du couloir. Je me suis renseigné. Elle s'appelle Lisa Tapir, elle est en terminale option théâtre, autant dire inaccessible pour un seconde sans option. Elle ne m'a pas vu tout de suite. Je lui ai tenu la porte et je lui ai dit : « Ils pourraient faire des portes moins bruyantes, en mettant des gonds plus souples ! »
J'ai repensé au test de ma soeur pour savoir quand on tombe amoureux : coeur qui bat plus vite, main anormalement moite, volonté de faire des phrases très compliquées pour faire style (voir plus haut), impression de ne pas avoir le bon tee-shirt, le bon pantalon, les bonnes chaussures. En fait, d'être un plouc face à la personne la plus belle que vous ayez jamais rencontrée. Je me suis dit que je répondais positif à toutes les questions du test.


7,80

Il y a quelques semaines encore, je grattais la guitare avec Jeremy dans le garage, en rêvant de gloire et de rock’n’roll pendant que P’pa, couché dans le cambouis, trafiquait ses moteurs. Il a fallu que nous croisions les sergents recruteurs, sur le parking du supermarché, un jour où nous avions soif de Coca. Ils lui ont promis qu’il aurait un bon job, qu’il construirait des ponts. Alors il a signé. « Le soldat spécialiste de première classe Jeremy O’Neil est définitivement affecté à la compagnie Sygma du 3e bataillon du 504e régiment de parachutistes de la 82e division aéroportée » dit le papier. En clair, ça veut dire que Jeremy part là-bas. Là où la guerre fait rage. Il y va pour tuer ou pour se faire tuer. On ne va pas le revoir avant des mois. Il a promis de m’écrire. Et tous ses mails, il les termine par cette formule : Be safe. A partir de 12 ans.


14,00

En classe de 3e, Mohammed-Ali est discret et populaire. Pour lui, le collège ça roule. Tranquille. En apparence du moins, car il a une vie secrète. La nuit, il sort de chez lui pour aller taguer. Et surtout, il est amoureux d’Aimée, qui ne pense à rien d’autre qu’au football. Comment faire pour qu’elle le remarque ? Par chance, Mohammed-Ali peut compter sur le soutien de Lina et Margaux. En amour comme au football, il faut un plan de jeu. Il faut avoir du style.Il va inviter Aimée à voir un match au Stade de France.


6,80

Plus personne ne peut vous dire comment les bons élèves de cette école de campagne du Missouri ont occupé leurs vacances d’été 1860. Non. Le seul qui soit resté dans l’Histoire, c’est Simon Green, le cancre, celui qui avait quadruplé son CE1. Cette année-là, les dindes avaient pondu comme des lapins. Beaucoup trop. Valaient des clopinettes. Cette année-là, à Denver, à mille kilomètres d’ici, on bâtissait à tour de bras, et rien à se mettre sous la dent. Là-bas, ils étaient prêts à payer une dinde cinq dollars. C’est bien simple, Simon, à peine sorti de l’école, il a fait ses comptes. A acheté mille dindes. Et s’est juré de faire fortune à la fin de l’été. Et vogue la galère !11-13 ans.


4,80

La bibliothèque du lycée. C’était mon sanctuaire. L’abri sûr en cas de coup dur, le lieu saint à l’abri du vulgaire. C’était mon terrain de chasse favori, depuis que j’y avais dé­couvert un gros livre relié de maroquin vert, qui portait sur le dos ces lettres d’or : Amours des dieux et des héros. Je revenais toujours consulter ce livre, rêver à ces amours. M’éblouir d’images jusqu’à me brouiller la vue et la raison. Or, il arriva qu’un jour le livre disparût. Ce livre était ma machine à rêver. Qui avait pu m’en priver, sous prétexte d’un exposé banal, d’une simple lubie ? A partir de 14 ans.